Monsieur le Président
Saint-Pierre et Miquelon 11 mars 2009
Mes ancêtres, Robert Cormier et Marie Péraude ont quitté le sol métropolitain en 1644 pour l’Acadie et l’Isle Royale, alors terres françaises d’Amérique. Leurs descendants sont aujourd’hui plus de soixante mille, certains sont en Louisiane, d’autres ont survécu les déportations en Acadie alors que mes ancêtres directs se sont réfugiés aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Par la force de l’histoire, ces derniers sont restés citoyens Français et malgré les trois déportations – 1755 d’Acadie, 1778 et 1793 des îles Saint-Pierre et Miquelon – leur attachement à la France n’a jamais été ébranlé, jusqu’au prix du sang.
Issu de cette famille aux racines profondes dans le nouveau continent, j’ai grandi à Saint-Pierre avant de me voir contraint à l’exil pour des raisons économiques. J’ai vécu la fin de la grande pêche, j’ai suivi avec attention et tristesse l’abandon progressif de nos droits sur les bancs de Terre-Neuve et j’ai été – comme tout un archipel – profondément déçu par le résultat de l’arbitrage de 1992 délimitant la frontière maritime entre la France et le Canada.
Depuis quelques années, une nouvelle lueur d’espoir est née, celle de voir un archipel renaître grâce aux ressources naturelles présentes sur le plateau continental des Grands Bancs de Terre-Neuve. Ayant suivi ce dossier des très près, j’ai été particulièrement meurtri et déçu par une patrie qui semblait se détourner du sort de cet archipel. Si les habitants des îles ont un grand cœur et un patriotisme jusqu’ici inébranlables, combien de défaites encore peuvent-elles accuser avant que la spirale infernale de l’exode fasse des Saint-Pierrais et des Miquelonnais un peuple sans terre et sans avenir ?
Français expatrié et fondateur de l’association Miquelon.org, j’ai défendu âprement l’image de la France auprès des médias Anglo-Américains depuis 2003 par le biais de multiples actions reconnues d’intérêt par un reportage sur TF1 en 2005, puis Libération, l’AFP, le Courrier International. Mais me voilà aujourd’hui contraint de quémander l’attention de la République pour défendre l’une de ses propres terres : celle où je suis né et pour laquelle je ne devrais pas écrire de supplique. Il ne devrait pas en être ainsi.
Je vous prie, Monsieur de le Président, de bien vouloir faire valoir nos droits auprès des Nations Unies et de défendre nos droits auprès du Canada afin que les îles puissent bénéficier des ressources naturelles et d’un développement économique durable grâce au plateau continental des Grands Bancs de Terre-Neuve.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma très haute considération.





décembre 17th, 2009 at 4:56
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